Anciennement "Jesus First Christ", Organic Despair est réputé pour ces compositions torturées mettant en ondes de façon méthodique un mal-être indéfinissable et troublant, parfois même traumatisant, porté par un triphop sombre et désespéré. Le début de l'année 2009 fut marqué par la sortie de cet album impeccable, habillée d'une belle photographie inquiétante et énigmatique. Des choix de compositions ardus, une recherche sonore menés avec perspicacité, et une technique de chant aboutie tant sur le plan de la voix que dans l'interprétation génèrent immédiatement l'empathie... les 6 titres sont impeccables à tout point de vue, riches de trouvailles parfaitement cohérentes. La courte introduction à elle seule est une petite merveille d'électro vivante et sensible. 'Breath' enchaine sur ce mode avec un début planant et saturé de spleen, les nappes de synthé se fondant avec la voix dans un entre-temps qui parait comme suspendu, sombre et douloureux. On pense un peu à certains passages d'Animals' des Pink Floyd (Sheeps) mais la force d'évocation en est supérieure. Avant l'achèvement, quelques notes de flutes traversières, bien senties, apporte ce qu'il faut de dérision lasse. 'Hallu', dans une ambiance jazz-rock éthérée, offre un mixage réussi de la voix qui joue de toutes les inflexions possibles, entre diction tragique, monologue désespéré et chant évoquant Léo Férré ou David Bowie. L'atmosphère générale du morceau bien que pesante, reste d'une fragilité douloureuse. Vient ensuite 'Jazz', un titre qui débute comme un arpège atonal de Léonard Cohen, jusqu'à ce qu'un ensemble de cordes aux harmonies travaillées envahissent l'espace de leurs plaintes nostalgiques. 'Massive destruction' enchaine avec une rythmique opaque et feutrée, balayée d'ombres profondes, entre lesquelles la voix semble se couler avec sensualité. 'I hope you'll never comme back' amorce un retour à plus de noirceur, après un début langoureux, accompagnant un chant en apesanteur, la flute traversière revient disséminer sur ce titre des harmonies jazzy presque enjouées, décuplant l'effet mélancolique précédemment développé. 'Au revoir' termine cet opus de façon abrupte, noir et étouffant, tout horizon semble avoir disparu, errance absurde dans un vortex intérieur dépourvu d'issues jusqu'à la détonation finale...
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jeudi 14 janvier 2010
samedi 26 décembre 2009
Blue Morning EP par Screenatorium
Né en septembre 2006, ce groupe construit autour de Djeh a sorti un premier EP en février 2007 (A girl's Wish EP). Suite à un remaniement du groupe, Nawelle se joint à lui, suivi de Fino. C'est sous cette nouvelle formation que le groupe sort son (second) premier EP "Blue Morning" un an plus tard. Derrière une magnifique pochette à l'onirisme fantastique dessiné par Niet (un graphiste talentueux qui est d'ailleurs responsable de toutes les pochettes et autre visuels du groupe), on découvre un album dépressif mais pas déprimant, un peu comme si Wax Taylor avait vendu son âme au fantôme de Crustation. Derrière l'histoire sentimentale, se raconte le récit assez surréaliste d'une perte (ou la découverte d'une absence) ainsi que l'addiction mentale qui en résulte... Il y a une progression assez subtile dans les atmosphères. De 'What if', planante et lumineuse, évocatrice de liberté, à l'ambiance emprunte de mystère de 'I Was Upstairs' ou se coule une voix féminine brusquement soumise et consentante; De 'Blue Morning', teinté d'un apaisement sombre, régressif, traversé d'éclats sonores étranges, à l'obsessionnel 'Memories'; De 'The Answer Lies', qui sonne comme l'écho désenchanté de 'Blue Morning' et porte une ambivalence très réussie, au poignant 'Addiction', enfermement consenti et désiré en un désir qui trouve son accomplissement en se nourrissant de lui-même; Screenatorium écrit une page musicale irrésistiblement envoutante, proche du fameux 'Bloom' de leur prédecesseur.
Publié par _b^lth^z_ à 09:47 0 commentaires
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