Sans aucun doute un des meilleurs albums du panel Christophe Marc. La batterie est effarante d'ubiquité, les guitares rivalisent de nappes harmoniques glaciales à la profondeur marbrée et la voix n'a jamais été aussi juste émotionnellement, entre mélancolie extatique et euphorie inquiète. Que dire d'un tel enchainement sans s'empêtrer dans les adjectifs dithyrambiques, d'autant plus que l'excellence augmente au fil de l'album jusqu'à l'impeccable titre 'The Idiot'. Animals débute avec un enchevêtrement de guitares lumineuses, que la batterie de Gregory Pleiber-Lemoigne vient cadrer avec fermeté, juste avant que les nappes de synthé ne viennent plomber cet envol d'arrières pensées ténébreuses. On ne quittera plus cet entre-deux tout au long de l'album, oscillant sans cesse entre deux extrêmes insaisissables, Une pesanteur sournoise s'immisçant perpétuellement au cœur même d'échappées hallucinantes d'amertume. 'Are you ready' résume à lui seul cette introduction, alternant plages arides et désespérées, et séquences d'une amplitude harmonique presque irréelle. 'Murder', course frénétique dominé par la panique s'achève en compagnie d'un violon vénéneux. 'Low Heaven' marque un premier palier. On se hisse avec ce titre un cran au-dessus de tout ce que l'on a entendu avant. Plus de tension, plus d'âpreté, plus de vertige, et un martellement profond et hypnotique qui irrigue ce qui va suivre de sombres appréhensions. 'The self in the shell' s'achève ainsi sur une rythmique haletante traversée d'accords dissonants. 'Better This way' semble tellement opaque que même l'humour noir du titre ne parvient pas à l'éclairer. 'Everything is fine' (habillés d'accents aériens qui évoque un peu les Smiths) inaugure quelques titres presque optimistes. At Sandy's, diamant noir, magnifié de pâmoison torturée. 'Say Goodbye' offre un bouquet d'harmonies d'une étrange beauté avant la perfection sublime de 'The Idiot'. Et tout s'achève avec "C.C.", conclusion acoustique minimaliste et charmeuse.
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mercredi 23 décembre 2009
The Funny Fall par Christophe Marc
L'écoute débute par une chanson d'amour torturée comme seul Christophe Marc sait les composer. Une intro de guitare sèche sur laquelle vient se greffer discrètement une seconde guitare, puis des percussion, un piano... progression subtile jusqu'au crescendo dont seul l'écoute peut rendre compte. l'album est splendide. A peine sorti de l'univers tourmenté de "Are you ready", on reprendra donc un grand bol de ce poison magnifique avec 'The Funny Fall', collection géniale de titres finement orchestrés ou cette voix éplorée nous emporte, entre mélancolie rageuse et introspections presque douloureuses (on frôle l'effondrement sans jamais s'y abandonner), pour y retrouver l'influence des Smiths avec 'Everything', magnifique mélodie à la noirceur éblouissante (des guitares qui claquent avec violence sur des arpèges aériens), et ce perpétuel équilibre très borderline' entre un désespoir sarcastique et des atmosphères habitée d'une beauté lumineuse incompréhensible. De 'Your Secret Garden', ballade obsédante d'une légèreté feinte plombée d'une sorte d'appréhension obscure, aux deux titres 'Here Is The City' et 'The Fair Game', évoluant entre triphop sombre et grinçant et rythmes indus asphyxiants, Christopne Marc nous entraine dans un voyage fascinant de complexité émotionnelle. 'At Sandys's' est particulièrement passionnante puisque nous avons droit à deux versions différentes, la première que j'avais comparée à un diamant noir se trouvant sur le premier opus de 'Galago'. La version présente est plus aboutie instrumentalement, plus évidemment sombre et teinté d'irrémédiabilité, plus intériorisée également. Si le final, dans un style très Cocteau Twins, est sans équivalence, j'ai malgré tout une préférence pour l'ancienne en ce qui concerne la première partie (une sorte de nudité beaucoup plus troublante). S'ajoutent à cet ensemble trois titres moins torturés, plus légers, presque sereins même si des ombres maussades semblent toujours prêtes à y prendre l'ascendant: 'In The Morning', 'Yes I Will' et surtout 'Here We Are', composition particulièrement remarquable.
Publié par _b^lth^z_ à 06:47 0 commentaires
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